1A

Bentley Type R, Standard Saloon, 1953

Fortement impressionné par les grandes berlines, et mes affaires démarrant par ailleurs gentiment, j’ai commencé en 2014 à regarder d’un œil distrait les belles anglaises, statutaires, opulentes et dignes. Rolls, Bentley, Jaguar, Daimler, Rover. Ah si la rover 75 était encore commercialisée... ! Évidemment, j’ai visé plutôt humble au début, n’ayant encore jamais eu de voiture, en dehors de celles de mes parents. Au cours d’un épisode de Miss Marple avec Joan Hickson, la MG Magnette a attiré mon attention. Prodigieux bonheur de l’internet, un exemplaire ZA en conduite française était à vendre près de Saint-Tropez. D’un coup d’avion j’y suis allé, pour découvrir un garagiste un peu escroc qu’il m’a fallu payer pour essayer, et encore, pas moi- même, le mécano s’en chargeant. Dont acte. La « première » non-synchronisée et la poussivité de cette petite berlinette m’ont effrayé. Quelques mois sont passés et c’est la Rolls-Royce Silver- Seraph qui m’a plu. Près d’Utrecht, un aimable revendeur me proposa de lui rendre visite pour son exemplaire, en provenance d’Allemagne. Elle était vendue à un prix raisonnable et je pus la conduire avec bonheur cette fois-ci. L’absence d’historique m’a inquiété et je n’ai pas donné suite. Et puis tout cet électronique ne m’inspirait pas.

Mon travail m’accaparant, j’ai seulement vagabondé sans plus d’entrain sur les sites spécialisés, comme un petit bonheur du soir. Et puis, au détour de l’un d’eux est apparue une magnifique, que dis-je, une extraordinaire berline, noire, avec pneus à flancs blancs. Les lignes les plus merveilleuses qui soient ! Une Bentley type R standard saloon, mise en service le 1er août 1953 au Portugal, B48LTN au châssis et « matching numbers » au moteur 6 cylindres en ligne, 63 000km, bon état, pneus neufs, radio d’origine. Copie des papiers d’origine étaient encore dans le vide- poche, avec le manuel de service. J’avais presque mis de côté la somme pour la Seraph. Le vendeur, Vitto, est concessionnaire de Porsche et autres Ferrari d’occasion, près de Milan. Il est jeune, dynamique et avait acheté la belle pour son mariage, mais celui-ci étant tombé à l’eau, il voulait se séparer de l’auto.
Il l’avait lui-même obtenue auprès d’un revendeur Bentley de Vérone où elle servait de décor. Elle était arrivée en Italie dans les années 1990, peut-être pour ce revendeur, qui avait refait la peinture, avec filet doré, et un peu de mécanique. Mais sans plus d’histoire et de précisions hélas. Après quelques palabres par e-mails, et après qu’un expert français eut missionné un expert sur place pour ausculter le véhicule et prendre moult photos, je fus rassuré et encore plus enthousiaste. J’ai payé un peu moins que demandé, et la belle Anglaise fut chargée avec un camping-car sur un camion pour Paris. Pour mes trente ans, cela serait un beau cadeau. Je me suis occupé de faire les papiers « collection », ce qui ne fut pas une sinécure pour un néophyte.

1B

Problème de taille, je partais au Vietnam et il me fallait trouver un point de chute en mon absence. Je partis sur recommandation visiter Americo qui ne pouvait la recevoir, car il partait aussi en vacances. Il me conseilla un parking spécialisé à La Défense, ceux-ci étaient complets mais m’ont renvoyé vers le très aimable M. Philippe Granier et son espace Amour à Clichy. Avec une gentillesse inouïe, il accepta de la réceptionner pendant mon absence. Ouf. Premier rapport en direct du Vietnam, l’auto est impossible à sortir de la remorque. Pourquoi ? Car le réservoir d’essence est vide. Classe italienne...
A mon retour, je découvre la sublime « Elisabeth ». Je l’ai nommé ainsi en l’honneur de la Reine couronnée un an auparavant. Quelle merveille hors-du-commun. Des lignes exquises – et le mot est encore trop faible - de la longue calandre à la poupe plongeante et toute en courbe. Des chromes légèrement art-déco à se damner. Et un intérieur riche et discret sans égal. Conduite côté français, boîte automatique, cadran en kilomètre-heure, les premiers essais me font plaisir, elle est aussi simple à conduire qu’une Twingo malgré son poids ! M. Granier qui avait à l’époque un garage me propose quelques travaux immédiats.
Nous actons donc la réfection du démarreur un peu grippé, la connexion des klaxons et des phares aux faisceaux électriques laissés en attente (... !), la réfection de la pompe essence fuyarde, le nettoyage des freins avant et arrière ainsi que la réfection du maître-cylindre par un spécialiste à Neuilly. Sans oublier la sécurisation des tringles de freinages, qui présentaient du jeu. Ouf. J’ai regretté mon soi-disant expert... Mais avec ça, je serais tranquille - pensais-je - et je pourrais faire de belles photos pour mon commerce de costumes sur-mesure.

1C

Merveille du génie automobile anglais, ma Bentley Type R fut dès lors un plaisir à conduire... dans les rues autour de l’espace Amour. Je n’osais finalement aller plus loin. Les roumaines à chaque feu rouge me faisaient peur... Sans parler des trop nombreux bouchons désagréables en ancienne. J’ai tenté une sortie, à L'Isle-Adam, avec deux amis, et ce fut un ravissement. Tout le monde complimenta Elisabeth, autant à l’intérieur qu’au bord de la route. Dans Paris, un monsieur s’exclama : « oh la beauté ». J’étais d’accord avec lui, la plus belle de toutes ! Et d’une souplesse et d’un silence.
Puis, cet hiver-là, combien de fois avec M. Granier avons-nous dû lutter pour la démarrer. Diable, elle ne voulait pas, s’étouffant dans son essence. Un simple condensateur d’allumage en était la cause. Les mois froids étant peu propices à sortir, M. Granier s’est occupé de remettre partiellement en service le système de ventilation-chauffage ainsi que les essuie-glaces. Mais le radiateur montrait des signes de fuite. A vrai dire c’était une vraie passoire. Le travail étant conséquent, j’ai amené la belle chez Paris-Londres-Automobile à Gentilly. L’accueil fut fantastique. Le radiateur a été complètement refait à neuf, et tous les flexibles remplacés. A la maison, je n’osais plus parler des dépenses pour la Bentley, car j’aurais dû coucher dehors...
Sorti du garage, les essais sont concluants. Même si je me souviens d’être resté en rade un bon quart d’heure au milieu de la place de Clichy. Elle a fini par redémarrer. Toutefois depuis le début, les mécaniciens ont toujours pris soin de mentionner « pression d’huile basse à chaud ». Sans m’en dire plus... Alors je n’ai pas cherché. Par contre, je me suis rapproché d’un spécialiste anglais pour refaire les sols. L’épaisse moquette blanche était un peu sale. J’ai opté pour le meilleur, sous- couche en feutre d’un centimètre et moquette pure laine. Comme le pédalier et la conduite étaient à gauche, le spécialiste n’avait pas le patron. J’ai donc fait le relevé moi-même, c’est mon métier au fond. Je reçu l’imposant paquet qu’il me restait à poser.

Je suis sorti une seconde fois, la dernière finalement, pour aller à Versailles. Garé au Grand- Trianon, j’eus le plaisir de rencontrer notre ami Pierre-Henri Hanoune, qui était de sortie avec sa superbe Bentley Continental. Le hasard fait bien les choses ! Nous aurions dû faire une photographie. Zut.
Et puis le printemps arrivant, j’ai reconduit Elisabeth chez Paris-Londres pour étudier cette dernière question de mécanique. Au fond, il n’y avait plus que ça à faire. Était-ce le capteur de pression d’huile ? Le cadran ? Un petit ou gros un problème ? Les réponses possibles furent évasives. Au bout de dix jours, le constat fut sans appel : le vilebrequin était fichu, les paliers avaient du jeu, le bas moteur accusait le coup. Ah. Bon. Défense de rouler avec sous peine de voir le moteur partir de son côté. J’avais pourtant poussé la belle dans d’impressionnantes pointes de vitesses, avec un zéro à cent très honorable, dans une rue abandonnée et rectiligne de Clichy. Finalement, la boite de vitesse automatique, elle, n’a jamais rien eu, son huile de vidange étant toujours parfaitement claire et le passage des rapports souples. Comme la lampe de poche de secours du compartiment moteur, fonctionnelle dès le premier jour !

1D

Alors soit, j’ai accusé le coup. Que faire. La vendre en l’état ? A qui ? J’ai bien essayé mais rien. Alors, la mort dans l’âme, j’ai dit ok pour le changement d’arbre moteur. Pascal Rajon chez Paris-Londres était ravi. Évidemment. On évoque le coût. J’eus du mal à rester debout. Et puis, les mois passèrent. Après l’arbre qui fut difficile à faire venir, ce fut les coussinets qui étaient
introuvables, et les pas de vis qui n’étaient plus standards. Et puis à force d’essais et de coussinets qui ne se calaient pas bien, il fallut se rendre à l’évidence et envoyer l’arbre moteur chez un spécialiste, pour le recharger en métal, là où il n’était plus aux cotes d’origines. J’avais approché un peu la mécanique lors de mon apprentissage de pilote privé. Là, j’avais la maquette grandeur réelle. Après une centaine d’heures de travail et quelques mois sur le pont, voici que l’auto sortait, pour une nouvelle jeunesse. Le chèque à faire fut indécent et mon stylo tremble encore. Comme dit le secrétaire de Paris-Londres en attendant que M. Rajon arrive pour me présenter la note « il va vous opérer ». Moui moui moui...

J’ai mis l’élégante Bentley en vente et j’ai réalisé de magnifiques photos pour la postérité. Elle est rapidement partie au prix que j’avais fixé, celui de l’achat initial. J’ai perdu les réparations, mais au moins, j’ai eu l’esprit libre. Il ne fallait pas que ça traîne. L’expert qui est passé a trouvé par ailleurs le modèle dans un état impeccable, belle livrée, pas de rouille sur le châssis, tous les éléments mécaniques aux bons endroits, le compartiment moteur en peinture d’origine et un intérieur extra. J’aurais voulu avoir le temps de poser les nouvelles moquettes, je n’ai pas pu. J’aurais bien fait refaire les boiseries aussi. Mais Claude, le nouveau propriétaire d’Elisabeth s’en chargera. Il cherchait une Mercedes berline de la même époque, mais allait de Charybde en Scylla, tant l’offre était décevante. Il envoya un éclaireur, un collectionneur de camion, qui fut bluffé par la belle. Il n’a pas tari d’éloge, comme cela me fut rapporté après. Elle est finalement partie sur une remorque, accrochée au Range Rover de Claude. Elle sillonne maintenant les routes du côté de Beaune et sert pour aller au marché hebdomadaire. Quel meilleur foyer pour Elizabeth, plutôt que l’étouffante Île-de-France ? Si je vivais encore chez moi au Pays Basque, elle aurait été aussi plus à son aise. Biarritz en Bentley, l’image est alléchante.
Claude me l’a promis, je lui ai demandé, que le jour où sa collection serait dispersée, je serais appelé. Sait-on jamais ? Un jour peut-être, Elizabeth me reviendra, plus charmante encore, dans sa belle robe noire et son intérieur havane splendide ! Ce rêve, maintenant, me suffit.
Julien Scavini,

Août 2020

L'été 1976, une grande sécheresse s'était abattue sur la France.

Chaleur épouvantable, interdiction d'arrosage des jardins, et plus encore le lavage des voitures. VGE depuis le bureau de l'Elysée nous incitait de sa voix chuintante à absorber l'impôt sécheresse. Dans la cour du palais, le ballet ministériel des 604 sl vert fumé, l'antenne téléphonique ressort au milieu du coffre arrière, des CX Prestige de la première version à toit plat et des éternelles DS noires gaulliennes encore fort présentes, s'agitait fébrilement pour « pondre » ce nouvel impôt sous la houlette de Raymond Barre, qui roulait encore en DS 23 i.e.
Les plages de Cannes devenues une rôtissoire, limite Moulinex en inox massif -c'était la grande mode du poulet grillé- mes grands-parents, chez qui j'étais en vacances, à Fayence, ne m'emmenaient plus nous baigner sur la Croisette ou à Mandelieu La Napoule (selon l'humeur de mon grand-père, la circulation et le parking pour garer la 504 TI).
Hors de question de se brûler la peau dixit mon grand-père, médecin pneumologue et ma grand- mère pharmacienne de surenchérir : tu restes à l'ombre, pas de soleil et sieste. Mon grand-père eût la judicieuse idée de me faire ranger et classer sa bibliothèque.
Un vrai mélange de livres anciens, classiques, romans, thèses de médecine, revues musicales ; bref, un parking de livres éclectiques. Enchanté de fuir le salon où il écoutait Olivier Messiaen, Chostakovitch et autres « chercheurs musicaux », à fond. Non par surdité, mais disait-il : ‘’la musique, cela s'écoute fort pour s'en imprégner’’... Ce vacarme dodécaphonique faisait aussi fuir ma grand-mère dans sa chambre où elle scrabblait face à elle.
Au milieu de Voltaire, Camus, Agatha Christie, Montherlant, les 2 Peyrefitte, un titre pas sérieux m'attira. Le Pirate d' Harold Robbins édition Belfond 1975 : la couverture me tétanisa. Elle représentait une Silver Shadow noire, pare-chocs chromés, intérieur magnolia. L'illustration de la richesse des années 70. Le symbole absolu. La Rolls : un vrai terme générique.
Comme un talisman, je l'emportais dans ma chambre et le dévorais. Ce roman était une vraie salade niçoise de SAS, les saoudiens sadiques, sexe, pétrole et compagnie. Un remarquable navet au beurre frais. Posant la couverture sous la lampe de chevet en cuir vert 1950, à la manière d'une image pieuse de Sainte-Thérèse de Lisieux, c'était limite que je me signasse devant elle chaque soir. Le raccourci était fait...

2A

J'avais 12 ans. Les Rolls vues sur la Croisette, devant le Carlton, à l'ombre des palmiers, se retrouvaient condensées dans ce bouquin. Résultat : je passais l'été à lire toutes les « conneries » de la bibliothèque et aucun classique. Sans imaginer un instant en posséder une. L'idée était tellement loin de moi. Avoir une Rolls, c'est pour les grands.
Février 1977, au collège un copain m'apporte une pleine page du Figaro annonçant la sortie de la Silver Shadow 2. En gros plan, le museau de la Rolls noire avec son nouveau pare-choc. Aussitôt pris d'une boulimie de possession, je lui demande de m'apporter toutes les publicités. Au bout d'un mois, j'en avais dix ou douze. Mon père lisant le Monde, je n'ai pas souvenir de l'avoir vue dans ce journal. Ou peut-être en encarts de petite taille. Par contre, j'avais bien noté dans mon inconscient le nom du concessionnaire : Franco- Britannic à Levallois. L'idée germait doucement mais si lentement.
1978 : l'année des cataclysmes dans la réalité et dans ma tête.
Le 23 janvier 1978, l'enlèvement du baron Edouard-Jean Empain me fascine et m'interpelle. Le chauffeur, la 604, le 33 avenue Foch. Au collège, les élèves ne parlent que du petit doigt. Moi, c'est la 604 qui me pose question : est-elle garée à l'abri ?
Le 11 mars 1978, la mort de Claude François dans sa baignoire, bd Exelmans, me perturbe beaucoup. Tous ses tubes repassent en boucle résonnant dans ma tête. Roger Gicquel nous sort déjà des archives. La Mercedes 450 sel 6.9 noire (ou bleue marine) immatriculée 327 BJX 75, conduite par Claude François en pull rouge, s'élançant dans le souterrain du bd des Maréchaux me tétanise une seconde fois après la Shadow noire du pirate. Ma voisine de classe arrive en larmes au lycée l'après-midi : oui elle aimait Cloclo, m'avouant être allée assiéger son immeuble avec les autres favinettes (d'ailleurs j'aimerais la revoir 42 ans plus tard...juste pour voir la tête qu'elle a).
Écoutant plus que distraitement la prof de sciences-nat, l'image de Cloclo décrochant le téléphone Thomson CSF en bakélite noire au volant de sa 6.9 tourne en boucle dans ma tête. Alors que la brune voisine pleurniche, les jantes alliage et l'antenne de téléphone me fascinent toujours plus.
Le 1er août 1978, tout Saint-Tropez danse sur Supernature de Cerrone. Sa photo, posant assis sur le capot de sa Shadow, glanée dans Paris-Match me tétanise à nouveau. Mais moi je ne danse pas chez mes grands-parents. C'est lecture, musique dodécaphonique (aïe aïe) et les jeux de 20 heures, suivis d'’’Au théâtre ce soir’’ avec Jacqueline Maillan qui m'enchante. Exceptionnellement, Numéro 1 de Gilbert et Maritie Carpentier, spécial Mireille Mathieu, Sylvie Vartan ou Sheila (petite parenthèse: son mariage avec Ringo, en Silver Shadow 2 jaune paille...)
Le 20 décembre 1978, le premier épisode de Sam et Sally avec Corinne le Poulain et Georges Descrières circulant en Excalibur, me tétanise à nouveau. En arrière fond, les Shadow pare-chocs chromés sont nombreuses dans les rues de Paris 8, 16 et 17 èmes. Déjà, elles ont un air d'avant, une petite chute sociale qui, instinctivement, me fait penser qu'un jour peut-être... je pourrai en avoir une...
Le 16 janvier 1979 : la chute du Shah d'Iran me préoccupe. Amateur éclairé de belles autos, il représentait le bon mariage Orient-Occident. Après son exil, des reportages apparaissent çà et là. À la lecture d'un Paris-Match, une photo de sa villa de Saint-Moritz, devant laquelle sont garées une Corniche cabriolet noire et une Shadow, sous la neige, me tétanise à nouveau.
Au cours de l'été 79, Jours de France, dans la rubrique d'Edgar Schneider, passe une photo de Shirley Bassey devant l'hôtel de Paris à Monte Carlo, debout dans sa Corniche cabriolet noire, pare-chocs chromés. C'en est trop pour moi !

Le temps file, je ne me souviens plus si c'était en décembre 1979 ou 1980, mon ami d'enfance s'était entiché d'un stylo vu dans la première boutique Bulgari, ouverte dans un ‘’morceau’’ du Plaza Athénée. Joli modèle en or, imitant la forme d'un crayon à papier avec la gomme en corail amovible, permettant d'ouvrir ou fermer la mine. Présenté dans une boîte en chêne clair, tapissée de daim beige, imitant un plumier.
Sortant du magasin, où nous avions été accueillis avec sourires, décontraction et componction (pour des jeunes de 16 ans), nous tombons nez à nez avec Gérard de Villiers « Monsieur SAS » sortant de sa Silver Shadow bordeaux, toit vinyl noir, cuir noir, pare-chocs chromés, accompagné d'une superbe fille style Madame Claude de l'Avenue Foch, manteau de fourrure en lynx, provenant sans doute de chez Chombert. Tétanisés, nous nous faisons signer un autographe sur le catalogue en papier glacé de chez Bulgari. Je me souviens très bien de Gérard de Villiers souriant, le pied en mocassins noirs vernis, style Charles Jourdan, play-boy 1975, signant tant bien que mal, le stylo glissant sur le papier glacé. Sur le capot de sa Rolls. J'ai toujours le document dans mes archives.
Doublement tétanisés, nous sommes rentrés en métro, le petit sac Bulgari, en papier glacé blanc à la main. Nous jurant d'avoir une Shadow un jour.
1981, 1982, 1983, 1984 : le calendrier s'envole.
Les Shadow se démodent terriblement, entre la Spirit et Mitterrand. Même son ami Roger-Patrice Pelat débarque dans la cour de l'Elysée dans sa Spirit dorée. À la grande fureur de Mitterrand, avant que n'éclate l'affaire Vibrachoc.
1982 : j'ai 18 ans et dit à mon père: «j'aimerai bien avoir une Rolls, même d'occasion». «Tu te l'offriras quand tu travailleras... », me répond-t-il froidement.
Dans le tourbillon des études, du temps perdu, des soirées post disco, le souvenir des Shadow tropéziennes s'estompe. À Paris, on en voit encore souvent, principalement des Shadow 2 ou la Bentley T2 de Thierry le Luron, garée proche du Bus Palladium, en double file. Je dirais même en triangle, au milieu de l'intersection de 2 rues. Époque bénie du stationnement parisien. Ambiance du film Les Ripoux (Noiret-Lhermitte) ou Tchao Pantin (Coluche). Paris sale et pluvieux, les Rolls ternissent. Ou s'empoussièrent dans l'immense parking souterrain de l'avenue Foch.
Sauf que depuis le début des années 80, la Spirit a pris sa place dans le paysage parisien. Devant le palace hyper kitch (capitaux du Golfe), mobilier rouge framboise, moquettes à motifs géométriques fraise écrasée, nommé Nova Park Elysée, rue François 1er, devenu par la suite l'immeuble Cartier, les Spirit et Spur aux couleurs new wave s'alignent. À ma grande déception, les couleurs disco (dorées, marron métal, vert pâle, moutarde, bleu Seychelles) des Shadow, laissent place au noir, argent, gris, bordeaux, bleu marine, des Spirit.
Un copain d'école faisant des extras comme chauffeur chez Service Prestige (devenu depuis membre du RREC avec Shadow grise souris et Corniche cabriolet bi-tons chocolats californienne) me propose une balade dans la Spur noire, intérieur cuir rouge, de la chanteuse Diana Ross. Départ avenue Montaigne, arrivée l'Etoile. Un peu court mais je goûte au luxe.
Une mayonnaise envahit ma cervelle : Shadow ou Spirit ? Ou surtout rien car je suis encore trop jeune pour m'imaginer au volant et propriétaire d'un truc pareil.
1982 toujours, un museau oublié pointe son nez : Bentley. Enfin Rolls décide de réveiller cette marque et sort la Mulsanne Turbo. Coqueluche immédiate d'un méli-mélo de businessmen, d'artistes, escrocs de l'immobilier et play-boys sérieux à la Philippe Junot ou Thierry Roussel.
En 1985, le must c'est la Turbo R noire, intérieur cuir rouge dit Cartier, avec le téléphone Ericsson. Toujours Match : un bedonnant doué nommé Paul-Loup Sulitzer en fait sa monture pour se rendre aux Parcs à St -Tropez.

Ayant subi plusieurs crises de tétanie, j'en ai deux dernières (qui reprendront plus tard).
La première, avec la vision d'une Bentley Turbo R noire, cuir magnolia, calandre noire, neuve, garée devant l'immeuble beige aux baies vitrées1980, angle avenue Foch/Malakoff . En double file bien entendu.
La seconde, vers août 1983, à l'aéroport de Nice Côte d'Azur où, assis dans le même vol que Karl Lagerfeld depuis Orly, je le guette à l'arrivée, désireux de voir dans quelle voiture il roule. Un jeune homme (J. de B.) habillé en pantalon jaune paille, veste citron pâle, le pantalon enfilé dans des bottes en cuir fauve brillant, un chapeau limite La Cage aux Folles, enfourne un chariot complet de valises, sacs et vanity Vuitton, comme on n'oserait plus les porter en 2020, dans le coffre d'une Mulsanne Turbo jaune paille verni, immatriculée à Monaco. Le chauffeur démarrant en un quart de seconde, dans un souffle qui me tétanise à nouveau.
Cette couleur digne d'un costume Cifonelli acidulé, les palmiers, le parking où entre les 505, R 18, Horizon, pointent des nez de Ferrari 308 gts et Mercedes 500 sec bleues métal , immatriculées 75... mon esprit s'enivre de l'air niçois, parfumé de lavandes, quand mon regard tombe sur l'arrière d'une Silver Spur en plaques anglaises. Je m'approche, argent métal et bordeaux brillants au soleil, la lunette arrière fortement rétrécie. Une commande spéciale Hooper, apprendrais-je plus tard. Mon grand-père m'attend dans sa Renault 20 TX 2.2 verte foncée, velours taupe. Evidemment... La tête dans les étoiles je me dis : « Voilà c'est la Turbo que je veux ! »
2005 : de l'eau a coulé sous les ponts, les Shadow naviguent en eaux profondes. Les Spirit surnagent en eaux troubles et les Mulsanne portent leur nom : une mule et un âne.
En raccourci ce que je suis : donc en 2005, j'ai acheté une Mulsanne S 1989, grise foncé, cuir gris souris, vendue neuve au producteur de La Boum, Charles Gassot, au nom de sa société bien sûr, par la Franco-Britannic. La version sans le turbo : croyez moi, la Turbo R c'est mieux. Surtout en jaune Lagerfeld !
Ceci est le début d'autres histoires de Rolls & Cie qui continuent en s'amplifiant.

2C

Pierre d'Allest

Silver Shadow 1972

Le débat entre l’inné et l’acquis n’est pas récent, et est parfaitement illustré par le film de 1983 « Un fauteuil pour deux » (Trading Places) dans lequel Eddie Murphy passe en quelques semaines de clochard à millionnaire à la suite d’un pari entre deux frères (par ailleurs propriétaires d’une somptueuse Phantom V). 

3A

Dans ma famille, à part un oncle collectionneur reconnu de Dinky Toys, personne ne s’intéresse à l’automobile. Comment expliquer alors, si ce n’est par l’inné, que certains de mes plus anciens souvenirs datent de l’époque où, avant l’âge de cinq ans, je harcelais ma mère quand elle me promenait en poussette pour qu’elle me dise la marque et le modèle des voitures que l’on voyait dans la rue ?
Adolescent, j’ai pu parfaire mes connaissances et développer mes phantasmes automobiles en compagnie d’un certain Pierre d’Allest ; ce n’est pas un poster de Lamborghini Countach que j’avais dans ma chambre, mais un poster de Corniche. Mais je voyais les Rolls-Royce et les Bentley comme des objets aussi désirables qu’inaccessibles réservés à une élite, jusqu’à ce que j’effectue un premier séjour linguistique en Angleterre à la fin des années 70. Les Silver Shadow pullulaient dans les rues de Londres... J’ai alors réalisé que les Rolls pouvaient être des voitures familiales, et que leurs propriétaires pouvaient aller chercher leur pain ou partir en vacances avec. Mais ce n’était toujours pas pour moi et je me demandais (sérieusement) si j’aurais un jour la chance, ne serait-ce qu’une fois, de rouler en Rolls.
Les étapes ont été longues à franchir ; j’ai enfin pu un jour poser mon séant sur les fauteuils d’une Silver Spirit neuve exposée avenue Kléber, puis être invité à bord d’une Bentley T effectuant une manœuvre dans un garage. Quels événements !

Les choses se sont précipitées en 1985 lorsque j’ai participé à la création d’une société de Grande Remise, Service Prestige, dont l’une des clientes était Diana Ross. Mrs Ross habitait alors au 11 avenue Montaigne à Paris ; elle nous avait confié la garde de sa Silver Spur noire avec intérieur rouge que nous utilisions à sa demande pour la véhiculer et pour conduire ses filles à l’école américaine de Saint-Cloud (oui, Saint-Cloud, pas Silver Cloud !).
C’est donc Diana Ross qui m’a offert mon « dépucelage » en me donnant l’occasion de conduire sa Silver Spur alors que je n’avais que 20 ans. Ont suivi une seconde Silver Spur qui a rejoint la flotte de Service Prestige et dans laquelle je me suis marié, une Bentley T conduite occasionnellement, et une Bentley Continental cabriolet appartenant à la famille Bongo. Puis une longue traversée du désert jusqu’en 2013, date à laquelle un ami m’a passé le volant de sa Silver Spirit. Rechute immédiate...
Jacques Séguéla avait dit en 2009 : « Si on n'a pas une Rolex à 50 ans, on a raté sa vie ». Entre Rolex et Rolls, seules quelques lettres changent ; je me suis donc mis en quête d’une Silver Shadow que j’ai finalement acquise en 2015 : un modèle de 1972 ayant passé toute sa vie en France.

3B

Deux ans plus tard, j’atteignais mon Graal automobile avec une Corniche 1982 d’origine californienne ayant appartenu au styliste de mode Fred Slatten, créateur de « platform shoes » et fournisseur de nombreuses stars du show-business... dont Diana Ross.
La boucle était bouclée...

Benoit DUJARDIN,

Juillet 2020

Gohar1

Au milieu de l’année 2002, j’avais rendez-vous à Paris avec des amis, des journalistes de la télévision canadienne CBC dans le 6ème arrondissement, boulevard Saint-Germain, au

café de Flore. J'avais 30 minutes d'avance. Ma femme vous dirait que ça ne m'arrive jamais... J'ai choisi une table en terrasse en cette matinée parisienne ensoleillée, devant un croissant et un café, avant l'arrivée de mes amis et commandé ensuite le fameux Vanity Cocktail Flore !

À la minute où j'ai commandé mon café, une Bentley Continental 1952 argenté s'est garée devant moi, à une place normalement interdite. Deux gentlemen sont sortis de la voiture, se sont assis à la table à côté de moi et ont commandé deux cafés. Les fenêtres de la voiture étaient ouvertes, alors je me suis levé pour regarder le salon rouge foncé et le tableau de bord en bois. Le conducteur m'a regardé et s'est excusé gentiment d'avoir bloqué la vue devant moi, et ma réponse a été “vous pouvez venir bloquer la vue devant ma maison toute la journée” !

En tant que fan de voitures classiques, je possédais une Austin Healey, une Jaguar XJ6, une Mercedes 1960 et d'autres mais cette Continental a réveillé mon rêve d'avoir une Bentley des années cinquante.

J'ai acheté des magazines de voitures classiques, j’ai suivi des enchères et lu des publicités sur des sites Web mais je n'ai pas eu la chance ni le courage d'en acheter une.

Sept ans plus tard, visitant Dubaï, j'ai gardé, comme d'habitude, une journée pour la passer avec mon ami égyptien Aly Rifaa avec lequel nous passions une demi-journée à faire tourner les moteurs de ses 11 Rolls et Bentley dans son garage ! Plus tard, assis au bord de la piscine pour un déjeuner, je lui ai dit que ses amis n'avaient pas fini le deal de me vendre leur Maserati Quattroporte, alors il m'a regardé et m'a dit : ‘’oublie la Maserati, ton rêve est une Bentley” ! Et si je te trouvais un coupé 1950 ?’’. J’ai dit dans quel état ? Il m'a répondu "sain et original et il a un avantage que le propriétaire ne connaît pas, sinon il va augmenter le prix". J’ai dit : ‘’as-tu une photo ?’’.

Il me l'a montrée sur son téléphone et je me suis tombé amoureux dès le premier regard. J'ai même pensé à Myriam (c’est mon épouse) “quelle sera sa réaction quand elle saura que j'ai eu un coup de foudre... même si c'est d'une voiture” ???

Il a appelé l'agent pour lui dire qu'il y avait quelqu'un qui aimerait acheter la Mark VI et en moins de 3 minutes, je lui ai donné rendez-vous à Paris au centre commercial La Défense pour voir la voiture et déposer un acompte.

Après avoir mis fin à l'appel téléphonique, Aly m'a dit : ‘’Park Ward, le carrossier en 1950, n'avait construit qu'un seul coupé Mark VI et ce sera le tien. C'est ce que le propriétaire ne savait pas’’.

La semaine suivante à Paris, voir la voiture était quelque chose de différent des photos, elle a une grandeur et cela vous oblige à la respecter. J’ai payé l’acompte et j’ai demandé le nom du vendeur et son compte bancaire pour transférer le reste du prix. Et j’ai été surpris que le propriétaire soit le Duc Jacques d’Orléans. J'ai vraiment acheté une "Royal Car", une voiture Royale !

Nader Gohar

Mai 2020

Croyez- vous aux miracles ? Non... eh bien vous avez tort !
Je vous explique : Jean rêvait d’une Rolls. Je lui ai offert un modèle réduit de chez Dinky- Toys en lui disant « si tu l’arroses souvent, un jour elle deviendra grande » !

Vous êtes tous témoins que ce miracle a bien eu lieu !

Cette envie de Rolls-Royce avait commencé vers les années 1977 alors qu’un jour de pluie en vacances aux Sables d’Olonne nous étions partis visiter le musée de l’automobiles de Talmont. Jean était tombé en pâmoison devant une superbe Silver Cloud. Le directeur du musée, un copain, lui avait affirmé que c’était le moment d’acheter ce genre de voiture car elle se négociait au creux de la vague. L’ennui quand nous avons acheté la nôtre, la tempête s’était levée et les vagues n’avaient plus de creux. Mais j’anticipe...

Revenu de vacances, Jean achète le Figaro ayant été prévenu qu’on pouvait y lire un article concernant notre fille. Je ne sais pas s’il a lu cet article mais je peux vous assurer qu’il a lu les petites annonces automobiles et qu’il est tombé sur cette annonce : Rolls- Royce première main, téléphone etc...

Inutile de préciser qu’il appelle ce numéro dans les secondes qui suivent. Un monsieur charmant lui explique que c’est la voiture de Louis Pauwels et qu’il en veut tant. Devant l’étonnement de Jean, ce monsieur lui explique qu’on en a toujours pour son argent et que lui-même pour faire des économies avait voulu acheter sa maroquinerie chez Céline et qu’il était vite retourné chez Hermès. Plus snob tu meurs !!

Jean n’a pas fait d’économie et a succombé à la tentation. Je suis témoin qu’il a bien fait car, de ce jour, nous avons vécu des moments inoubliables. Inscription au RREC, Ludo Pivron était le président de la section française à cette époque et c’est avec condescendance qu’il a inscrit notre Silver Cloud trouvant ce modèle bien trop récent. Les temps ont bien changé !

La section française était pratiquement inexistante et Jean a pris en main l’organisation de cette nouvelle passion. Bulletin mensuel, Club Shop, Rallyes... Moi bien sûr je me suis lancée avec Jean dans l’action et chaque mois j’ai rédigé le « Journal des dames et des demoiselles », tenu le stand à Rétromobile. Tiens, je ne sais plus en quelle année un grand monsieur se présente sur le stand pour me demander des renseignements sur le club, il me dit vouloir s’inscrire... OK mais au moment de payer la cotisation il me déclare avoir oublié son carnet de chèques dans sa voiture. « Je reviens, me dit-il » Dans ma tête, je pense que le coup du carnet de chèques, c’est râpé comme excuse. Eh bien je me trompais : ce grand monsieur, c’était Jean Lafargue qui fut longtemps notre président et son épouse, Andrée, en est maintenant vice-présidente !

marcade 1

 

Lorsque Jean a dû remplir sa feuille d’impôts il s’est trouvé devant un problème, il fallait déclarer les voitures mais pas les collections... or la Silver Cloud est une voiture de collection, oui mais qui dit collection sous-entend un certain nombre d’objets ?
Le percepteur interrogé est resté coi et nous a conseillé de ne pas la déclarer ! Nous avions donc une voiture de collection sans collection...

Jean a vite corrigé cette anomalie en achetant une deuxième Rolls, une Silver Wraith 1954. J’ai adoré cette voiture, majestueuse avec ses gros phares. Cette merveille avait une carrosserie HJ Mulliner, à l’arrière un meuble-cabinet avec trois carafes en cristal, quatre verres à whisky, quatre verres à porto (moi qui ne bois que de l’eau, j’étais malgré tout en extase...), une boîte à biscuits...

Jean a toujours pris un soin jaloux de ses voitures, il appelait la Cloud la petite et la Wraith la vieille et quand il disait « je sors la petite » il ne parlait pas de sa fille et quand il disait « je sors la vieille » j’ose espérer qu’il ne parlait pas de moi !

Je me souviens d’un rallye à Cabourg en 1981, apparemment ce n’était peut-être pas la meilleure année, nous avions une légère appréhension mais comment résister à une municipalité qui nous offrait le gîte et le couvert au Grand Hôtel en échange d’un concours d’élégance sur la promenade Marcel Proust ? 

marcade 2

Cette année-là, nous avions vendu des billets de tombola donnant le « privilège » à certains gagnants de faire un petit tour en Rolls. Jean se retrouve avec à son bord un père et son fils. Le monsieur en bleu de travail retire sa caquette et s’installe à l’arrière avec son gamin d’une douzaine d’années. Seul petit inconvénient : le gosse est mongolien et trouve très amusant d’appuyer sans arrêt sur le bouton de commande de la glace électrique... Jean, fair-play, mais souffrant dans sa chair, n’ose pas intervenir. Le gamin s’écrie « on va aller montrer la voiture à Maman ». OK dit Jean et c’est par où ?

Le père l’entraine dans des petites ruelles jusqu’à une impasse où la Rolls a du mal à entrer ; au fond, sur le pas de la porte une brave femme en tablier voit s’approcher la voiture... Le gamin ouvre la vitre et hurle « Maman on a gagné ! ». La pauvre mère atterrée lève les bras au ciel en s’écriant « mais qu’est-ce qu’on va faire de çà ? »

Des anecdotes je pourrais vous en raconter des dizaines comme la fois à Saint Tropez où des anglais en Rolls décapotable ont fait tout le rallye avec nous alors que nous ne les connaissions pas !

Le temps a passé et nous sommes encore quelques-uns de ces jours anciens : Andrée Lafargue toujours belle et élégante. La non moins jolie Jo Levar qui avec son mari Camille a fourni chaque mois les photos du bulletin et Dana... quel beau souvenir quand pour la première fois nous avons vu arriver ce couple fantastique, elle, belle et flamboyante, lui, magnifique avec ses longs cheveux en queue de cheval, tous deux si élégants dans l’originalité. Et puis Jean-Philippe Sécordel-Martin... il devait avoir 15 ou 16 ans, pas de permis mais déjà une Rolls offerte par sa grand-mère ! Quelques-uns encore, vieux amis, qui ont connu Jean.

Merci à ceux qui continuent à donner vie à cette belle aventure...

Mai 2019